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Personnellement, moi, je… ne suis pas dans la cible

Je viens d’écouter une Député qui expliquait que dans sa carrière professionnelle, elle n’avait jamais rencontré de collègues qui s’étaient mis en arrêt de travail pour « règles douloureuses ».

Personnellement, moi, je… ne suis pas dans la cible

Je viens d’écouter une Député qui expliquait que dans sa carrière professionnelle, elle n’avait jamais rencontré de collègues qui s’étaient mis en arrêt de travail pour « règles douloureuses ». Et qu’elle même n’avait pas non plus connu ça. Une douleur pendant 2/3 jours par mois. Voilà. Cette Député a voté contre un texte de loi autorisant des jours d’arrêt pour règles douloureuses. Je ne rentre pas dans le détail. Vous pourrez creuser. N’étant pas une femme, n’ayant jamais eu de règles mensuelles et n’ayant aucune connaissance ni compétences sur le sujet en dehors d’être témoin des souffrances de ma femme et mes filles, je réagis sur l’attitude de madame la Député, pas sur le fond (même si j’ai un avis :)

Ce « moi, je » a toujours été dangereux. D’abord quand vous êtes représentant du peuple et que ce n’est pas « moi » mais « nous » au minimum. Par définition, vous représentez une partie de la population qui a adhéré à vos propositions qui répondent à un besoin, une attente.
Mais dans la communication, ce « moi, je » est lui aussi, à une autre échelle, source de bien des problèmes. Le fameux « j’aime/j’aime pas » est une frontière difficile à passer pour certains communicants qui ne sont parfois, souvent, pas dans la cible de leurs produits. On peut être passionné par son travail, adorer ce qu’on y fait, ce qu’on y créé, mais pour autant, respecter un cahier des charges qui se base sur un besoin, une motivation, une réponse à un insight exprimé par le consommateur. J’ai bien connu cette situation en étant dircom dans la cosmétique. Je n’étais que peu utilisateur des produits de ma marque, mais j’encadrais plusieurs dizaines de personnes et travaillais avec beaucoup de collègues féminins qui étaient consommatrice de produits de cosmétiques, de la marque ou non.

Il est parfois difficile d’accepter que nous répondons à un besoin ou une demande et que nous ne créons pas « pour nous », pour nos goûts, nos envies. Quand on arrive à les croiser, il faut être prudent sur notre capacité à ne pas tout mélanger et ne pas se baser sur son expérience personnelle en tant que client qui peut ne pas être représentatif, loin de là. C’est un exercice parfois complexe, pesant, qui oblige à se cultiver, approfondir pour ne pas « décrocher » de la cible définie. Bien sûr, je me suis toujours gardé un 80/20 dans mon métier de dircom. 20% d’intuition. 20% de conviction pour ne pas se baser à 100% sur l’attente consommateur exprimée dans les études. Mais le curseur doit être surveillé pour ne pas déraper, forcer une direction qui nous éloigne de la bonne réponse. Il n’y a pas de recettes miracles ni de solutions toutes faites. Mais garder en tête cette règle simple que nous communiquons consciemment vers une cible et pas inconsciemment pour nous reste fondamentale.
Bon courage ! (Surtout à ceux et celles qui devront supporter la douleur aujourd’hui en agissant comme un jour « normal » qui n’en est pas un).