Alors, oui, je vous vois déjà faire des bonds. "Mais pour qui se prend-il ?", "Le mec crache dans la soupe en nous traitant de con", et chapi chapo, patapo.
Ca y est ? Ca va mieux ? Bon, alors pourquoi on peut se poser des questions sur nos métiers, tous nos métiers de communication et la dégradation de leur perception et attractivité ?
Il y a peu, je lisais cet article chez 100 media, et je me suis dit deux choses. La première, c'est "mais comment on a pu en arriver là ?". Et puis en fait, très vite, c'est devenu "comment ça pourrait être autrement ?".
Si les métiers de la communication sont perçus comme moyennement attractifs par la majorité des répondants à cette étude, nous en sommes les principaux fautifs. Clairement. Parce que si la com est devenue cette communauté un peu pédante, arrogante, étalant ses prix et ses appels d'offres dans Stratégies ou des discours scandaleux dans CB news, si la publicité est devenue pénible, ennuyeuse et si les événements ont autant de mal à créer l'événement, c'est parce que nous nous sommes enfoncés dans quelque chose de mou, moche et illisible.
On a perdu le cap de ce que pouvait être la pub. Autre chose que simplement une coupure à la télé, un interstitiel sur YouTube ou des trucs qui bougent dans tous les sens et nous empêchent de lire les articles de nos sites préfèrés (non). On a oublié ce que la com pouvait apporter. Pas un abonnement plus cher pour qu'on ne puisse plus la voir. Non. Autre chose que des powerpoint pédants, remplis de mots inventés et éventés, de stratégie copiée plagiée cachée derrière de belles créations éphémères. La com ne fait plus rêver parce qu'elle coûte chère, elle empile les couches (positionnement, plateforme, relationnel, digital, paid, social) les unes sur les autres, dégueule de data analytiques auxquelles on peut faire dire ce qu'on veut et où on se contente de la satisfaction des jurys.
La com aurait dû être autre chose. La com peut être autre chose. La com sera autre chose. Bien sûr que j'exagère, bien sûr qu'on a de la chance d'avoir au sein des communautés diverses qui composent notre secteur des analystes, des stratèges, des créatifs qui savent encore s'interroger, répondre aux problématiques, analyser et comprendre. Mais on ne les entend pas aussi fort, on ne les lit pas assez souvent et on se retrouve peut-être un peu trop souvent à bouger les bras en sautant derrière les stratégies d'influence, les producteurs de contenus (qui proposent des contenus pour atteindre un objectif avant de proposer une éditorialisation, une réflexion sur les problématiques ou une analyse de la marque et de son marché) ou encore les IA qui vont bientôt écrire et produire à notre place (Non).
C'est peut-être une énième sonnette d'alarme sur nos métiers. Les titres de poste se sont multipliés, les besoins se sont complexifiés mais les compétences se sont également épuisées, au propre comme au figuré. A trop vouloir disperser façon puzzle, on se retrouve avec des dégâts majeurs, que ce soit dans la relation entre l'annonceur et les agences conseils ou les annonceurs/Créatifs et leurs cibles. Et on passera sur les harcèlements, les heures sup de torture et les managers impériaux.
Et vous, est-ce que vous trouvez que la com continue de faire son métier ? Comment appréhendez-vous le futur du secteur ? Faut-il revenir à une simplification du travail de communicant, repenser nos fonctions, nos missions ?
J'ai hâte de vous lire. Je vais chercher du pop-corn.
