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L'échec.

Vous l'avez tous entendu cette phrase. "L'échec est le fondement de la réussite" (merci Lao).

L'échec.

Vous l'avez tous entendu cette phrase. "L'échec est le fondement de la réussite" (merci Lao).

Pourtant, dans l'instant, un échec, c'est profondément difficile. Perdre un appel d'offres, une candidature rejetée, se faire licencier, autant de moments que nous avons connus ou que vous vivrez. En fonction de votre entourage, de votre environnement, vous y ferez face seul ou ensemble, mais en attendant, vous allez avoir mal.

C'est important de relativiser l'échec. Oui, évidemment, il y a beaucoup à apprendre de l'échec. Mais pendant quelques minutes, quelques heures, pour certains des jours entiers, voire des semaines, vous allez vous prendre ce mur en béton armé. Comment le transpercer ? Comment constater et accepter l'échec ? Comment, dans la douleur, la tristesse ou la colère, retrouver le chemin du succès ?

Parfois, vous trouverez ces réponses en vous, parce que vous restez dynamique, vous relativisez, et cette énergie créée par le refus ou le rejet de ce que vous avez proposé avec passion et volonté vous garde lancé sur la voie. Mais parfois, ce n'est pas une petite claque ou une tape sur la nuque. Non, c'est un vrai ippon, un ko technique. Et la douleur dans le ventre ou la fatigue morale qui suit ne vous permet pas de vous projeter sur le prochain combat. Vous n'aurez plus jamais la force de remonter sur le ring (ou le tatami, au choix).

Evidemment, c'est un sentiment et une émotion immédiate. Comme pour d'autres événements dramatiques de votre vie, vous vous relèverez. Poussé par la famille, soutenu par les amis, enivré par la soirée de défaite (essayez, c'est pas mal), quelques larmes, maux de tête ou coups de poing plus tard (dans le punching-ball, bien sûr), vous relancerez la machine. D'abord parce qu'il le faut (c'est ce qu'on attend de vous, ce que vous voulez au plus profond de vous) et ensuite parce qu'il le faut (il y a les factures à payer, une équipe à motiver, un patron à convaincre et votre ego à relever). Oui, il le faut.

Perdre, partir, c'est une angoisse. C'est sec, brutal, violent. "we regret to inform you that you have not been selected for this position". "Malheureusement, à ce stade, nous avons décidé de poursuivre notre processus de sélection avec un autre candidat qui correspondait plus au poste". "Incompatibilité d'humeur", "Faute grave", "Votre proposition était très intéressante, mais créativement, nous avons préféré celle de l'agence Truc", "Votre proposition est bien au-dessus du budget que nous avions prévu, c'est pourquoi nous ne la retenons pas". Douloureux. Autant qu'un amour éconduit par un amoureux ou une amoureuse en classe de 5e par petit mot manuscrit passé de main en main. On vous a rejeté, on a choisi un autre, vous n'avez pas su convaincre. Pourtant, ce poste était pour vous. Vous êtes fou de ce produit depuis des années et vous connaissez si bien la marque. Les résultats de votre travail sont bien au-dessus de la moyenne de vos collègues. Vous aviez même reçu les applaudissements du comité de direction trois mois plus tôt. Mais rien n'y fait. L'échec vient de se planter dans votre dos. Et votre motivation, votre énergie, vos compétences s'écoulent le long de votre blessure.

Bon. Stop. On arrête. Oui, ça pique, ça empêche de dormir une nuit ou deux et vous avez bien les boules. Mais c'est une étape. Une de plus. Parce qu'au fond, vous savez que vous avez ces compétences, que votre bilan est positif. Et puis finalement, il y en avait des désaccords, des incompréhensions. Et que comme dans toute relation, il y a eu des hauts, des bas, et que ce n'est pas dû qu'à votre incompatibilité d'humeur. Non, vous n'êtes pas en situation d'échec à cause de la faute d'accord de la slide 23, paragraphe 2. Non, ce n'est pas le bleu de votre CV qui a fait fuir le cabinet de recrutement. Et non, votre N+1 ne sera pas soulagé de ne plus vous voir vous et votre ambition démesurée de choper son poste. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Vous pouvez analyser et détailler la conjecture, mais il y a des milliers de faits qui se croisent au moment d'une prise de décision. Vous ne pouvez pas tous les attraper dans votre fichier Excel "pourquoi" et ce n'est pas grave. Essayez autant que vous le pouvez de lister, avec l'aide de vos proches, collègues, employeurs, recruteurs, ex-clients ces critères et ces détails qui ont amené à cette décision. Sans la juger. Constatez-les. Et puis vous avez pu vous planter. Aussi. parce que l'erreur est humaine, que ça arrive, et que ça arrivera peut-être encore. Que vous protégez votre équipe et qu'en tant que manager, c'est à vous de prendre vos responsabilités. Voilà. Faites ce constat. Regardez les choses en face. Vous pourrez vous interroger sur ce que vous souhaitez ou non faire évoluer, métamorphoser, updater dans votre façon d'être, votre vocabulaire ou votre CV. Vos valeurs sont les vôtres. Vous pouvez les remettre en cause, mais ne devenez pas acteur. Ne jouez pas un rôle. Ne vous transformez pas en surface pour convenir aux critères de choix de vos interlocuteurs. Fondamentalement, vous ne correspondiez plus ou pas à votre poste, votre client ? Et bien il était de changer. Et ça, c'est un pas en avant qui vaut pour une victoire. Bravo. Cet échec ne sera pas mat.

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