En croisant mes lectures ce matin, je me demandais bien pourquoi l’automatisation de l’exploitation des données clients avait rendu lascives pour ne pas dire fainéantes les entreprises.
D’un côté, un article de Courrier International, “Comment la collecte de nos données personnelles en ligne affecte notre vie de tous les jours” montre combien il est “facile” pour les entreprises de récupérer, légalement ou pas, les données de leurs clients, ou prospects.
De l’autre, je suis écrasé, sans doute comme vous, par le nombre délirant de messages (SMS, mail, DM) complètement vide et inintéressant de marques ou de génies du SEO, de l’IA ou de l’Inbound tentant de me vendre désespérément leurs dernier produits ou services.
J’ai sans doute déjà perdu les responsables relations client, les prospecteurs fous ou les directeurs business intelligence. Tant pis. On se croisera ailleurs. Mais sincèrement, comment peut-on à ce point se contenter de ces données clients, vos clients et ne rien en faire d’autres que ce qui était fait il y a des milliers d’années avec des tableurs et Word. Oui parce que sincèrement, le travail d’exploitation de données actuel n’est pas très loin d’avoir avec un autocollant 3.0 collé à la suite d’une méthodologie qui n’a que peu changé.
Vous êtes choqués ? Vous avez raison. L’IA a mis en exergue ces derniers mois que l’analyse des données et le travail d’exploitation pouvait permettre de changer la donne quand à la compréhension des comportements, des attentes et insights consommateurs. Il est devenu facile aujourd’hui à partir d’un parcours client, de trackers, de pixel et j’en passe de cibler pour pousser un contenu imaginé captif.
Mais en pratique, le décalage entre la donnée qui vous offerte par votre prospect/client et en bout de chaîne ce que la marque va lui proposer est abyssal. Tout ça pour ça ? Parce que je suis allé sur le site d’un constructeur auto, j’ai droit à 23 pubs auto sur Instagram ? Parce que j’ai acheté un tee-shirt sur ce site, j’ai droit dès le lendemain à une offre promotionnelle pour un autre tee-shirt ? Parce que je suis venu réparé un bague chez cette marque de luxe, on m’envoie le catalogue par email ? Et je vous fais cadeau des native ads à la foirefouille. Non sérieusement, on s’ennuie ferme parce qu’entre la collecte et le push, une énergie folle est dépensée mais rapidement censurée par des raisons pesantes du quotidien : ressources, moyens, délai, visibilité, compréhension, déviance, et j’en passe. Et c’est pourtant là que tout se passe
Je suis convaincu et en tant que marketeur et en tant que consommateur que mieux nous connaître devrait permettre au marque d’enfin réussir la personnalisation des offres, des contenus, et d’arrêter l’automatisation des scénarios pré-scriptés qui servent autant les faiseurs d’enchères que les vendeurs de rêve. La réalité, là-dedans, c’est qu’aujourd’hui, nos boites, nos messageries sont pleines de vide au lieu d’être pleine de sens.
