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Ça ne changera jamais ?

Le masque est partout. La distanciation reste d'actualités avec un virus qui va et qui revient. Et pourtant, on n’a jamais eu autant besoin de proximité et d'humain dans nos relations.

Ça ne changera jamais ?

Le masque est partout. La distanciation reste d'actualités avec un virus qui va et qui revient. Et pourtant, on n’a jamais eu autant besoin de proximité et d'humain dans nos relations.

Dans le monde d'après, on nous avait promis beaucoup de belles choses professionnelles. Moins de pression, moins d'angoisses, plus de confort, d'écoute, d'adaptabilité. Du bien-être de pro.

Qu'est-ce qui a changé dans ce Nouveau Monde qu'on nous a survendu ? Les open spaces sont toujours là, on demande toujours à René s'il a pris son week-end quand il ne peut pas venir à la réunion de 18h, ou à Emma si elle a eu une panne de réveil quand elle arrive à 10h10 au lieu de 10h00. Et finalement, les délais de remise du dossier hyper important du client qu'on va perdre au prochain appel d'offres, ne sont pas plus longs, et les patrons/clients pas franchement plus compréhensifs.

On aurait dû se méfier. La vague du #MeeToo devait changer le monde. Les femmes devaient enfin pouvoir goûter au fruit défendu de la parité, on devait arrêter de les harceler, de les agresser. Fini les petites phrases assassines, les mains baladeuses, et les regards grossiers.

—Certains, et pas les bons, font le constat qu'on bosse moins bien à la maison qu'avec ses collaborateurs dans une salle.

Et puis au final, malgré les quelques scandales d'un ou deux patrons, malgré les stupeurs et tremblements de féministes dépitées par l'attitude des politiques, des décisionnaires, des collègues, des amis et même malgré la disparition de certains dinosaures, pubards ou éditeurs, les femmes ne sont pas franchement plus rassurées dans leur quotidien où on leur demande de faire attention à leurs propos, à leurs habits et à à leurs pensées.

Et finalement, les déconfinements sont la déconfiture du bien-être au travail. On a réussi à mettre une caméra à la maison, qui doit vous rendre plus dispo que vous ne l'étiez au bureau. On vous réclame de rattraper pendant vos 3 jours dans l'entreprise toute cette inefficacité du distanciel. De répondre à vos mails, vite, très vite, encore plus vite que les conversations Slack. Parce que oui. Certains, et pas les bons, font le constat qu'on œuvre moins bien à la maison qu'avec ses collègues dans une salle (même si des études le démontrent) et qu'être chez soi, ce n’est pas du travail.

Non, mais attendez, entre préparer les enfants pour l'école, faire la bouffe, passer l'aspi, binger une série, le sport, se faire happer par l'appel du pot de Nutella, la sieste, crapuleuse ou pas, le Yoga, les devoirs, les câlins, tout le monde sait qu'on bosse mal chez soi à cause des pollutions diverses qui viennent s'immiscer dans notre air pur domestique.

Alors qu'au bureau, le téléphone qui sonne toutes les deux minutes, les réunions de trois heures sans ordre du jour ou compte-rendu, les pauses café/clope/gossip, la visite de Léa, l'assistante de direction, Paul, le mec de la compta, fan de ligue 1, ou le suivi de l'alternant qui ne fait pas la différence entre Arial et Helvetica, sincèrement, c'est de la rigolade masquée.

Bref, vous l'aurez compris, on n'a pas su rebondir. Encore une fois. On a subi, on a imaginé, on a vendu du rêve, pour au final tenter de raccrocher des wagons qui ne vont pas dans le même sens.

Posez-vous la question ? Qu'auriez-vous aimé transformer à votre retour devant votre porte-gobelet logotisé, qu'on vous a encore imposé et qui, finalement, ne changera jamais ?